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Dominique Clergue

Professeur de tai chi chuan et de qi gong. Fondateur de l'école Nuage~Pluie à Villefranche de Rouergue.

La science de la méditation

Qu’est ce que la méditation ? Que savons-nous de ses avantages ? Et quelles sont les questions dont on attend les réponses ? Nous avons parcouru la littérature, lu les méta-analyses et discuté avec des scientifiques qui étudient la méditation dans des laboratoires à travers le pays. Voici ce que la science a à dire sur la méditation.
Traduction de l’article The Complete Guide to the Science of Meditation paru sur le site Endpoints

 

Méditation, photographie de Jessica Pettway

Au cours des deux dernières décennies, une tradition contemplative bouddhiste a vu le jour en Inde et au Tibet il y a des milliers d’années, s’est répandue dans les salles de séjour et les salles de classe de tout l’Occident. Des millions de personnes aux États-Unis et en Europe méditent maintenant régulièrement, que ce soit via des applications en ligne ou des cours en accompagnement personnalisé. Les écoles, les entreprises et les prisons ont commencé à offrir des formations régulières à la méditation. Même les marines des États-Unis ont mis en œuvre cette pratique avec un commencement de preuves  d’amélioration de  l’attention,de l’humeur et éventuellement du trouble de stress post-traumatique.

La méditation est maintenant considérée comme une sorte de remède universel, une bénédiction pour le bonheur et la productivité, un baume pour la douleur chronique, le stress, l’anxiété et la dépression, un antidote contre l’inflammation et l’hypertension artérielle. D’innombrables études ont été menées pour étayer ces affirmations. Mais récemment, des scientifiques ont fait machine arrièrer, en arguant du fait que les pouvoirs de la méditation sont exagérés – cela pourrait même causer du tort à certaines personnes atteintes de maladie mentale ou, par exemple, conduire au narcissisme. À la fin de l’année dernière, le magazine Wired a publié un article demandant si la méditation était une «connerie».

Qu’est-ce que la méditation, que savons-nous réellement de ses avantages et quels types de questions doivent encore être résolus ? Nous avons parcouru la littérature, lu les méta-analyses et discuté avec des scientifiques étudiant la méditation dans des laboratoires à travers le pays. Voici ce que nous avons découvert.

Méditation, photographie de Jessica Pettway

Quelle est la différence entre la méditation et la pleine conscience ?

Les termes de méditation et de pleine conscience sont parfois utilisés de manière interchangeable, mais le premier fait référence à une famille complexe de pratiques culturelles orientales pour l’entraînement de l’attention. La méditation consciente est la tradition la plus étudiée par les chercheurs aujourd’hui, mais d’autres traditions incluent la méditation telles la méditation par mantra, la méditation transcendantale, le yoga, le tai-chi-chuan et le qi gong.

Dans leur livre de 2017 The Science of Meditation: How to Change Your Brain, Mind and Body, l’écrivain scientifique Daniel Goleman et le neuroscientifique Richard Davidson, qui étudient la méditation depuis les années 1970, écrivent que le mot “sati”, le premier pas vers l’illumination dans le langage sacré du bouddhisme Theravada. Sati se traduit également par «conscience», «attention», «rétention» ou «discernement».

Il existe deux principaux types de méditation de la pleine conscience dans la tradition bouddhiste. Le premier est Vipassana, qui se traduit par «vue profonde», et vise à promouvoir une conscience claire de notre expérience interne telle qu’elle se produit, sans juger ni réagir à cette expérience. La seconde est Samatha, qui est synonyme de « tranquillité de l’esprit » ou « quiétude » et encourage à concentrer l’attention sur une seule chose – la respiration, un mantra – et à limiter les pensées errantes. Un troisième type populaire de méditation de pleine conscience, appelé méditation de bonté, vise à cultiver la compassion.

Méditation, photographie de Jessica Pettway

Comment les scientifiques étudient-ils la méditation ?

La popularité de la méditation parmi le public et parmi les chercheurs a vraiment pris son envol au début des années 2000, selon Nicholas Van Dam, chercheur à la Melbourne School of Psychological Sciences,  University of Melbourne, en Australie, qui étudie la méditation. Le 14e Dalaï Lama Tenzin Gyatso fait la promotion de l’étude de la méditation depuis la fin des années 80, en partenariat avec le neuroscientifique Francisco Varela et l’avocat et entrepreneur Adam Engle pour créer le Mind & Life Institute à Charlottesville, en Virginie. une organisation qui se concentre sur l’étude de l’esprit. Mais Van Dam a déclaré que c’était le lancement du Summer Research Institute, à Garrison, NY, par Mind & Life en 2004, qui a vraiment fait avancer les choses et accordé une plus grande légitimité au sujet. L’Institut d’été réunit chaque année des chercheurs de différentes disciplines pour essayer la méditation dans un cadre de retraite et  pour débattre de la science qui l’appuie.

L’étalon-or d’aujourd’hui pour les études d’intervention basées sur la pleine conscience est modélisé après un cours de huit semaines sur la réduction du stress basée sur la pleine conscience, initié par Jon Kabat Zinn en 1979 à l’Université du Massachusetts. Ce programme, initialement conçu pour traiter les patients souffrant de douleur chronique, comprend 20 à 26 heures d’entraînement à la méditation au cours de huit cours collectifs hebdomadaires (cours de 1,5 à 2,5 heures), un cours d’une journée (6 heures) et une pratique à la maison (45 minutes par jour, 6 jours par semaine). La formation formelle porte sur l’attention portée à la respiration (méditation Samatha), la surveillance ouverte de la conscience avec un  «balayage corporel» (méditation Vipassana), la méditation de bonté aimante et le hatha yoga doux.

Page d'accueil de l'application Headspace

La Réduction du stress basée sur la pleine conscience a engendré des dizaines de retombées. Celles-ci incluent la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour le traitement de la dépression, la prévention des rechutes basée sur la pleine conscience pour la toxicomanie et l’amélioration des relations basées sur la pleine conscience pour améliorer le fonctionnement des relations. Les scientifiques ont également mis au point des programmes de retraite intensives qui durent de trois jours à trois mois, des interventions en laboratoire de trois à quatre jours, ainsi que des expériences d’attention attentive. Et il y a une surabondance d’applications de méditation basée sur Internet et les smartphones, y compris Headspace, comptant plus de 30 millions d’utilisateurs actifs dans le monde, qui  promeut et participe à la recherche scientifique et qui a récemment déclaré son intention d’obtenir l’approbation de la  Food and Drug Administration pour le traitement des maladies chroniques.

Headspace travaille actuellement sur un programme très ambitieux de plusieurs essais de méditation à grande échelle. Une étude menée sur le lieu de travail avec le British National Health Service auprès de 2 000 participants sur plusieurs sites examinera l’impact de l’application sur la santé et les résultats commerciaux, notamment sur le stress, l’anxiété, la dépression et les absences pour maladie. Une étude menée par l’University of California, San Francisco  recrutera des employés de plusieurs campus pour examiner comment l’utilisation de Headspace influe sur diverses mesures de santé et de bien-être. Et une étude du College of Policing recrutera 3 000 policiers pour mesurer l’influence de l’application de méditation sur le stress, la productivité et l’engagement.

Méditation, photographie de Jessica Pettway

Quelque chose d’aussi subjectif que la méditation de pleine conscience ne se livre pas facilement aux outils de la science, et des préoccupations concernant la qualité de la recherche dans ce domaine ont été soulevées à plusieurs reprises au cours des deux dernières décennies. Récemment, dans un article intitulé “Mind the Hype” publiée en octobre dans Perspectives on Psychological Science, un groupe interdisciplinaire de 15 chercheurs a constaté que la plupart des études sur la méditation sont mal construites, sur des échantillons trop petits, avec des  contrôles insuffisants et sur des temps de suivi trop courts.

Lorsque vous faites une évaluation complète de tout ce qui existe, la conclusion est que nous n’en savons tout simplement pas encore assez, a déclaré l’auteur principal, Nicholas Van Dam, de l’Université de Melbourne. Par exemple, seulement neuf pour cent des études examinées ont utilisé des contrôles actifs.

Et à mesure que le champ d’étude arrive à maturité, un meilleur financement permet des tailles d’échantillon plus importantes et des périodes de suivi plus longues, selon Eric Loucks, chercheur en méditation à la faculté de santé publique de l’Université Brown. Dans le futur, il espère voir plus d’études présentant des essais contrôlés randomisés multisites, un suivi à long terme d’au moins un an, des mesures plus objectives des résultats et la réplication des résultats par des groupes indépendants, écrit-il dans un email. Je crois que le domaine de la pleine conscience peut fortement influencer la santé, a-t-il écrit.

Méditation, photographie de Jessica Pettway

La méditation peut-elle améliorer la santé mentale ?

La maladie mentale a toujours été l’une des catégories de maladie les plus difficiles à traiter avec succès, et c’est un domaine où la méditation de pleine conscience semble être la plus prometteuse. L’avantage clinique le plus évident que les chercheurs ont pu jusqu’ici relier à l’intervention de la méditation de pleine conscience est une réduction significative de la rechute de la dépression. Des études répétées ont montré qu’un cours de huit semaines inspiré du programme Réduction du stress basée sur la pleine conscience  de Jon Kabat Zinn, qui combine la méditation de la pleine conscience avec la thérapie cognitive, réduit l’incidence des rechutes chez les personnes les plus à risque. .

Un suivi en 2004 de l’étude initiale, menée il y a plus de deux décennies, a montré que la Réduction du stress basée sur la pleine conscience était plus efficace que la thérapie cognitive seule ou qu’un médicament psychiatrique standard d’environ 50% sur 12 mois et deux ans. Dans un article et une méta-analyse plus récentes de 2016, publiées par l’Université d’Oxford, Willem Kuyken et ses collègues de JAMA Psychiatry, ont apporté un soutien supplémentaire à cette constatation.

Même la dépression et les troubles anxieux ordinaires semblent donner lieu à un traitement par Thérapie cognitive basée sur la pleine conscience, même si ce n’est pas mieux à cet égard que les médicaments. (Ces résultats sont cependant significatifs quand on considère que beaucoup de personnes ont beaucoup de mal à se défaire des antidépresseurs.) . Si les interventions basées sur la pleine conscience fonctionnent de manière comparable aux psychothérapies cognitivo-comportementales ou aux antidépresseurs, ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, a déclaré M. Van Dam. Il se peut que les gens aiment mieux la pleine conscience. Si tel est le cas, ce que vous devez montrer, c’est que les gens s’engageront et suivront l’intervention plus efficacement que les autres thérapies. La Thérapie cognitive basée sur la pleine conscience est maintenant approuvé par l’American Psychiatric Association pour prévenir les rechutes chez les patients qui ont souffert de trois épisodes de dépression ou plus, mais pas pour la dépression et l’anxiété régulières. Le U.K. National Institute of Health and Clinical Excellenc le recommande également par rapport aux traitements plus conventionnels pour prévenir les rechutes dépressives.

La situation est plus mitigée en ce qui concerne les avantages pour la santé mentale des scéances de réduction du stress basés sur la pleine conscience, sans composante comportementale cognitive. Une méta-analyse largement citée publiée dans Jama Internal Medicine en 2014 par Madhav Goyal et ses collègues de Johns Hopkins Medicine a examiné 47 essais portant sur 3 515 participants et trouvé des preuves modérées que huit semaines de réduction du stress pourrait améliorer l’anxiété, la dépression et la douleur, mais ne faisait pas mieux que l’exercice, les médicaments ou d’autres thérapies comportementales. Ils ont également trouvé peu de preuves d’une amélioration de la qualité de vie et du stress / détresse et de la santé mentale et des preuves faibles ou insuffisantes d’une amélioration de l’humeur, de l’attention, de la consommation de substances, des habitudes alimentaires, du sommeil ou du poids.

Rendant cette question encore plus complexe, certains chercheurs ont identifié des effets potentiellement indésirables de la méditation de la pleine conscience, bien que l’étude de ces effets n’en soit qu’à ses balbutiements et que l’incidence en soit faible. Plus de 20 cas individuels et études observationnelles ont identifié diverses formes de détérioration clinique associées à la méditation de pleine conscience, notamment la «dépersonnalisation» induite par la méditation, ainsi que le déclenchement de traumatismes, de manie, de panique et de psychose. En conséquence, de nombreux auteurs ont recommandé que les personnes présentant des signes de suicidabilité, de troubles du spectre schizophrénique, de trouble bipolaire, de trouble de stress post-traumatique, de dépression et présentant des facteurs de risque de psychose ne participent pas à une intervention qui ne soit pas spécifiquement adaptée à l’une de ces conditions.

Une étude ambitieuse de sept ans est actuellement en cours pour examiner l’impact de la méditation sur la santé mentale de 7 000 adolescents âgés de 11 à 16 ans de 76 écoles secondaires, étant donné que de nombreux troubles mentaux commencent à apparaître à ces âges. L’étude de recherche est dirigée par Willem Kuyken, d’Oxford, en partenariat avec d’autres psychologues et neuroscientifiques de l’Université d’Oxford et du University College London. Elle est financée par le Wellcome Trust. À partir de 2016, environ 3 000 jeunes britanniques ont été formés aux techniques de la pleine conscience grâce à un cours de 10 semaines comprenant un cours hebdomadaire de 30 minutes et un entraînement quotidien allant jusqu’à 20 minutes. Un deuxième groupe d’environ 3 000 personnes a suivi des cours normalisés de formation personnelle, sanitaire et sociale. Au cours des deux années suivantes, les deux groupes sont surveillés pour dépister la dépression et d’autres troubles mentaux. 600 autres étudiants seront testés par des neuroscientifiques avant et après la formation de pleine conscience pour évaluer la maîtrise de soi et la régulation émotionnelle.

Portrait d'Eric J. Lenze, MD. Institute for Public Health

À l’autre extrémité du spectre d’âge, une étude quinquennale de 15 millions de dollars lancée par les National Institutes of Health en 2015 examine les stratégies, y compris la méditation, qui peuvent aider les personnes âgées à prévenir ou à inverser le déclin cognitif lié à l’âge. L’équipe d’étude, dirigée par Eric J. Lenze, comprend un groupe interdisciplinaire de 14 chercheurs de la faculté de médecine de l’Université de Washington à St. Louis dans des domaines tels que la psychiatrie, la médecine, la radiologie, la neurologie, la biostatistique, la physiothérapie et le thérapie. Les chercheurs ont recruté 580 personnes âgées de plus de 65 ans qui ont des problèmes de pensée et de mémoire importants, mais dont on n’a pas diagnostiqué de démence clinique commune à des maladies comme la maladie d’Alzheimer. Une autre étude de trois millions de dollars sur cinq ans lancée par les National Institutes of Health de la santé en 2015 examine les stratégies de gestion du stress, y compris la méditation de pleine conscience, pour réduire la solitude chez les personnes âgées.

Une autre étude interdisciplinaire à grande échelle financée par les National Institutes of Health et menée par 12 chercheurs en science fondamentale et clinique dans quatre universités américaines – Harvard, Brown, University of Massachusetts et Georgetown – tentera d’examiner comment la pleine conscience influence l’autorégulation, ce qui est essentiel à un certain nombre de problèmes de santé influencés par des comportements tels que la consommation excessive d’aliments, le manque d’activité physique, la dépendance et le manque de respect des régimes médicaux. Le projet, qui se déroulera en quatre étapes, tentera d’identifier les comportements associés à l’autorégulation pouvant être manipulés au moyen de thérapies, d’identifier les thérapies pouvant les influencer et de les tester dans deux essais d’intervention distincts basés sur la pleine conscience pour gérer les conditions médicales chroniques: l’étude sur l’hypertension basée sur la pleine conscience et l’étude attentive des soins primaires.

Méditation, photographie de Jessica Pettway

La méditation améliore-t-elle la santé physique ?

La manière dont les états de perception mentale influencent la santé physique est devenue un sujet de recherche brûlant au cours des dernières décennies. En particulier, les chercheurs ont constaté que des niveaux élevés de stress cognitif peuvent contribuer à une mauvaise santé et à une mauvaise santé mentale – tout comme la perception même que le stress nuit à la santé.

En septembre 2017, l’American Heart Association a recommandé la méditation de pleine conscience pour réduire le risque de maladie cardiaque. Cette recommandation, publiée dans le Journal of the American Heart Association, reposait sur des preuves que la méditation en pleine conscience pouvait réduire le stress et aider pour les autres paramètres du risque cardiovasculaire, comme le sevrage tabagique, la réduction de la tension artérielle, l’insulinorésistance et ischémie myocardique. Les auteurs ont noté que bien que les preuves soient modestes et que la qualité de la recherche soit mitigée, l’intervention entraîne des coûts faibles et des risques faibles.

Des preuves émergentes suggèrent que d’autres maladies liées au stress peuvent également réagir à la méditation de pleine conscience. Un essai contrôlé randomisé de 154 patients a montré que le traitement de méditation en pleine conscience pouvait réduire le nombre de jours de maladie autodéclarés et la durée de la maladie pendant la saison de la grippe par rapport à un groupe sans traitement. Les essais contrôlés randomisés initiaux suggèrent également que les interventions de pleine conscience peuvent réduire les symptômes et améliorer la qualité de vie pour certaines conditions liées au stress, telles que la fibromyalgie, le SCI, le cancer du sein et le psoriasis. Et dans une étude récente, des chercheurs ont examiné une cohorte qui avait suivit une retraite de méditation intensive d’un mois et découvert une régulation améliorée des télomères, associée au vieillissement cellulaire et pouvant jouer un rôle dans le lien entre le stress psychologique et la maladie.

La douleur chronique était l’un des premiers états pour lesquels la méditation de la pleine conscience fut utilisée, dans les années 1980, et certains chercheurs ont constaté que la méditation de la pleine conscience influe sur la souffrance émotionnelle associée à la douleur, voire sur la sensation physique elle-même. Dans l’un des plus grands essais contrôlés randomisés d’intervention de la pleine conscience à ce jour, avec 342 participants, la Réduction du stress basée sur la pleine conscience a réduit les limitations fonctionnelles dues à la douleur chez les patients souffrant de maux de dos chroniques lors de suivis de quatre mois et de 10 mois (61%) par rapport au traitement habituel (44%). Il n’a pas été jugé supérieur à un programme de thérapie cognitivo-comportementale adaptée (58%). Dans une étude randomisée distincte portant sur 75 volontaires humains en bonne santé, une procédure de méditation consciente factice utilisée comme contrôle ne fournissait pas les mêmes avantages de soulagement de la douleur que l’entraînement à la méditation de la pleine conscience.

La fonction du système immunitaire peut également bénéficier de la méditation de pleine conscience, si les résultats préliminaires de trois études bien contrôlées sont valables. Ces études ont mis en évidence une diminution des biomarqueurs de l’inflammation associée aux interventions de méditation en pleine conscience: la protéine C-réactive circulante, l’interleukine 6 et la réponse inflammatoire cutanée induite par le stress. Trois autres essais contrôlés randomisés ont montré que les interventions de méditation en pleine conscience pouvaient réduire le déclin, voire augmenter le nombre de certains globules blancs critiques pour l’immunité chez les patients stressés du SIDA, à la fois après le traitement et jusqu’à neuf mois.

Méditation, photographie de Jessica Pettway

La façon dont la toxicomanie est influencée par la méditation est également un bon sujet de recherche. Dans l’une des plus importantes études à ce jour sur ce sujet, 286 personnes toxicomanes ont été assignées au hasard dans un établissement de traitement à un programmet pour la prévention des rechutes basée sur la pleine conscience, un programme de prévention des rechutes cognitivo-comportemental ou un programme en 12 étapes..Les chercheurs ont ensuite surveillé la toxicomanie autodéclarée au cours d’une période de suivi de 12 mois. Comparativement au groupe de traitement standard en 12 étapes, les groupes de prévention de la rechute basée sur la pleine conscience et de prévention de la récidive cognitivo-comportementale ont démontré une réduction de 54% de la rechute et une réduction de 59% de la rechute. Le programme de prévention des rechutes cognitivo-comportementaux a retardé la première rechute par rapport au programme de prévention de la rechute basé sur la pleine conscience, mais le programme de prévention de la rechute basé sur la pleine conscience a semblé réduire le nombre de jours de consommation au suivi de 12 mois. Les résultats ont été publiés dans Jama Psychiatry en 2014.

Quelle est la bonne dose de méditation ?

Avec la plupart des thérapies et des médicaments, la dose est importante. Des périodes plus intensives de formation à la méditation en pleine conscience peuvent offrir des avantages cognitifs et autres avantages pour la santé plus mesurables, mais peu d’études ont spécifiquement examiné la réponse à la dose ou étudié les effets longitudinaux des retraites de méditation intensives. Une étude récente de l’Université de Californie-Davis a cependant envoyé 60 volontaires en bonne santé à une retraite intensive de méditation de pleine conscience de trois mois, où ils ont reçu cinq heures par jour de formation en samatha ou de méditation. (Les auteurs de l’étude espéraient initialement inscrire les participants à une retraite de méditation de trois ans – c’est ce que complètent les moines bouddhistes qui s’apprêtent à suivre une formation monastique officielle – mais le financement n’était disponible que pendant trois mois.)

Nous ne savons pas grand-chose de la pratique quotidienne, de la durée et des avantages de la pratique, a déclaré Anthony P. Zanesco, co-auteur de l’étude de University of California-Davis.

Après le traitement, les participants ont constaté une amélioration de la vigilance tonique (capacité à rester alerte au fil du temps) aussi bien que s’orienter vers une cible visuelle par rapport aux contrôles.. Dans une étude de suivi récente de sept ans, ces améliorations de performance se sont révélées partiellement soutenues. En particulier, les baisses de la précision de la réponse et du temps de réaction liées au vieillissement ont été réduites pour ceux qui ont continué à méditer régulièrement pendant la période de suivi, avec de meilleurs résultats associés à plus de temps passé à méditer. Un inconvénient de la conception de l’étude est qu’il s’agit d’un type particulier de personne qui pourra et voudra consacrer trois mois de sa vie à une retraite de méditation.

Dans des études portant sur des cas individuels, les moines bouddhistes qui pratiquent depuis des décennies ont démontré des compétences extraordinaires, telles que la capacité de modifier la température corporelle en petites quantités, par exemple, ou de supprimer la réaction de surprise. Mais il est difficile d’étudier ces compétences longitudinalement – c’est-à-dire avant et après 30 ans de vie monastique – et il est difficile de savoir dans quelle mesure une personne attirée par ce style de vie pourrait déjà présenter certaines caractéristiques neurologiques inhabituelles. Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à devenir moine?, Demande Van Dam. Ils vivent dans un monastère. Leurs repas sont préparés pour eux. Leur travail consiste essentiellement à méditer… cela ne représente pas forcément par un Joe qui sort de la rue et qui veut méditer pour combattre la maladie d’Alzheimer. Van Dam travaille actuellement sur une étude comparative d’individus de différentes traditions monastiques – jésuites, bénédictins et moines bouddhistes – dans une tentative d’isoler les effets de la vie de moine de la pratique de la méditation.

Le style de méditation est également important, et il reste encore du travail à faire pour isoler les effets de chacun des principaux styles. Bien que l’étude de l’influence de la méditation sur les niveaux de cortisol, une hormone du stress, ait donné des résultats mitigés, une étude de trois mois comprenant trois modules de formation distincts et un groupe de contrôle a permis à des chercheurs de l’Institut Max-Planck de neurologie et des sciences cognitives, à Leipzig en Allemagne, a constaté que la formation à la méditation de bonté et une autre forme de méditation prosociale réduisaient les taux de cortisol de 51% au cours d’une tâche stressante. La pratique de la méditation basée sur l’attention n’a pas influencé les niveaux de cortisol. Les participants aux trois types de formation à la méditation de pleine conscience ont toutefois indiqué ressentir moins de stress social. L’étude faisait partie d’un important projet de recherche sur la méditation en cours à l’Institut Max Planck appelé projet ReSource.

Méditation, photographie de Jessica Pettway

Neuroscience contemplative et prise de meilleures photographies du cerveau

Au cours des dernières décennies, des dizaines de neuroscientifiques ont essayé de se connecter au cerveau de méditants avancés et débutants avec l’IRMf (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle) pour déterminer plus directement comment la méditation en pleine conscience pouvait influencer notre horloge mentale. Cette discipline est connue maintenant comme neuroscience contemplative. Malgré les limitations significatives de la recherche en neuro-imagerie, à la fois en termes généraux et dans le contexte spécifique de la méditation, les méta-analyses suggèrent que la pratique pourrait entraîner des changements neuroplastiques dans la structure et la fonction des régions cérébrales impliquées dans la régulation de l’attention, des émotions et de la conscience de soi .

Richard Davidson a été l’un des premiers à étudier le cerveau de méditants experts, tels que les moines bouddhistes. Une étude de son laboratoire en 2004 a suggéré que des méditants très compétents avec des milliers d’heures de pratique présentaient des niveaux élevés d’oscillations gamma dans leur cerveau même quand ils ne méditaient pas par rapport au sexe et à l’âge. Davidson a déclaré au neuroscientifique Sam Harris lors d’une apparition dans son podcast Waking Up que de telles oscillations ont tendance à être associées à des éclairs de perspicacité.

Des liens entre le  cortex préfrontal dorsolatéral (dlPFC)  – impliqué dans la fonction exécutive – et l’amygdale – qui régule l’expérience de l’émotion – se sont également avérés être renforcés, a déclaré Davidson. De même, les études IRMf ont montré des connexions plus fortes entre le dlPFC et les caractéristiques du réseau en mode par défaut – en particulier le cortex cingulaire postérieur (CCP)  – associées à l’auto-narration chez les méditants expérimentés versus les contrôles. On ne comprend pas si ces caractéristiques neurologiques sont produites par des années de méditation ou prédisposent une personne à suivre une formation intensive à la méditation, et les scientifiques ne savent pas encore comment ces différences dans la structure du cerveau pourraient se traduire par un comportement.

La méditation de pleine conscience pourrait-elle imiter les effets des psychédéliques sur le cerveau et vice versa ? Certains scientifiques le pensent. Bien que certaines connexions entre différentes régions du cerveau semblent être renforcées par la méditation, les chercheurs ont également constaté une désactivation mesurable du CCP et du cortex préfrontal interne (CPI) chez les méditants expérimentés par rapport aux témoins naïfs de méditation. Le CCP est, encore une fois, proposé pour jouer un rôle dans la conscience et l’identité de soi, et il a été démontré que le CPI était hyperactif dans la dépression. La désactivation de ces deux régions est précisément ce que les scientifiques ont trouvé chez des volontaires ayant reçu des injections de psilocybine, l’ingrédient actif dans les champignons psychédéliques. Dans une étude de 2012, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), 30 volontaires en bonne santé avaient reçu de la psilocybine infusée dans leur sang alors qu’ils se trouvaient dans un scanner d’imagerie par résonance magnétique. Dans un épisode récent de son podcast Waking Up, Sam Harris a parlé avec Michael Pollan de certaines similitudes entre les types de perspicacité pouvant être obtenus lors de la méditation et lors d’un voyage psychédélique. (Pollan vient de publier un livre sur les psychédéliques: How to Change Your Mind: The New Science of Psychedelics).

Même les cerveaux des méditants débutants ont montré des changements liés à l’entraînement. Par exemple, en 2010, un groupe de chercheurs a examiné le cerveau d’un groupe de 16 participants naïfs de méditation avant et après un cours de huit semaines sur la Réduction du stress basée sur la pleine conscience et les a comparés à 17 témoins figurant sur une liste d’attente. Des analyses localisées ont confirmé une augmentation de la concentration en matière grise dans l’hippocampe gauche, associée à la mémoire. Les analyses du cerveau entier ont identifié des augmentations du cortex cingulaire postérieur, de la jonction temporo-pariétale et du cervelet dans le groupe Réduction du stress basée sur la pleine conscience par rapport aux témoins, des régions impliquées dans les processus d’apprentissage et de mémoire, de la régulation des émotions, du traitement auto-référentiel. Mais, comme ailleurs sur ce sujet, des études supplémentaires avec des tailles d’échantillon plus importantes et un suivi plus long sont nécessaires.

Plus de méditation, plus de science, plus de réponses

Depuis l’époque d’Aristote, les humains se demandent s’il est possible d’améliorer leurs capacités cognitives, si notre mémoire, notre attention et notre capacité à faire face au stress sont définies à l’âge adulte ou si elles peuvent être améliorées avec un entraînement mental. Le père de la psychologie américaine, William James, a tenté de répondre à cette question il y a 100 ans, en demandant à certains de ses assistants de recherche de mémoriser la poésie pour voir si cela pouvait améliorer leur mémoire.

C’est une question à laquelle nous essayons toujours de répondre aujourd’hui et beaucoup de chercheurs et de méditants fondent leurs espoirs dans la pleine conscience. Nous avons encore du chemin à faire pour le découvrir.

Médiagraphie


Illustration de la face médiale de l'hémisphère droit; cortex préfrontal

Cortex préfrontal
Le cortex préfrontal est la partie antérieure du cortex du lobe frontal du cerveau, située en avant des régions prémotrices.
Cette région est le siège de différentes fonctions cognitives dites supérieures (notamment le langage, la mémoire de travail, le raisonnement, et plus généralement les fonctions exécutives). C’est aussi la région du goût et de l’odorat. C’est l’une des zones du cerveau qui a subi la plus forte expansion au cours de l’évolution des primates jusqu’aux hominidés.
Cortex cingulaire postérieur
Le  CCP est, dans le cerveau, une zone à l’arrière du cortex cingulaire ressemblant à une ceinture entourant le corps calleux.
Cortex préfrontal dorsolatéral
Le dlPFC situé sur la face externe (la partie visible du cerveau vu de côté). Cette région dorsolatérale est impliquée dans un réseau qui permet l’élaboration de processus cognitifs. Il joue un rôle majeur dans la planification et les fonctions exécutives.
Cortex préfrontal interne
Le CPI est lié au traitement des données rattachées à la vie sociale.
Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle
L’IRMf est une application de l’imagerie par résonance magnétique permettant de visualiser, de manière indirecte, l’activité cérébrale. Il s’agit d’une technique d’imagerie utilisée pour l’étude du fonctionnement du cerveau. Elle consiste à enregistrer des variations hémodynamiques (variation des propriétés du flux sanguin) cérébrales locales minimes, lorsque ces zones sont stimulées. La localisation des zones cérébrales activées est basée sur l’effet BOLD (Blood Oxygen Level Dependant), lié à l’aimantation de l’hémoglobine contenue dans les globules rouges du sang. Cette technique ne présente aucun danger connu pour la santé des sujets.

Huangshan, photographies de 陆建华 Lù Jiànhuá

Huangshan

黃山

Huángshān

La  montagne 山 jaune 黄 est un massif montagneux de l’Anhui méridional, province de l’est de la Chine. La région est connue pour sa beauté, qui repose sur la forme des pics de granite, sur celle tourmentée des conifères, et sur les nuages qui entourent fréquemment le massif. Cette montagne mythique change sans cesse de visage au gré des vents et des bruines… désespérant parfois les artistes qui désirent en fixer la beauté.

Selon une légende populaire, ces monts s’appellaient les monts Yishan, à l’origine. Leur nom actuel vient de l’empereur Huangdi, ancêtre de la nation chinoise. Il a vécu en ermite dans le mont Huangshan pour finalement devenir un immortel. La légende rapporte qu’il serait venu s’y exercer à la fabrication des pilules d’immortalité. Au moment de sa première visite, l’empereur Huangdi aurait été stupéfait par la beauté des montagnes escarpées et les variations subites du paysage qui font penser à un paradis céleste. Par la suite, il y aurait amené ses hauts dignitaires en vue de fabriquer ces pilules, au départ sur un sommet élevé, puis dans une vallée près d’une source thermale. Après avoir absorbé les pilules qu’ils avaient fabriqués, l’empereur et ses hauts dignitaires seraient devenus immortels et se seraient seraient envolés dans le ciel. Cette légende était très populaire, surtout à l’époque des Tang ( 618-907) : à cette époque, l’empereur Minghuang des Tang, qui croyait en la capacité des Taoïstes à devenir immortels, donna donc l’ordre de changer le nom des monts Yishan, qui furent dès lors appelés les monts Huangshan, ce qui signifie en chinois les monts de l’empeur Huangdi.

L’empereur Xuanzong de la dynastie des Tang, adepte du taoïsme, a donné en 747 son nom actuel au mont. Sous la dynastie des Ming (1368-1644), le géologue Xu Xiake est monté deux fois au sommet du mont et a écrit à son sujet : « Qui a vu les cinq monts sacrés n’a nulle envie de connaître les autres cimes ; qui a vu le Huangshan n’éprouve plus aucun plaisir à regarder les quatre autres montagnes sacrées.

Photographies de 陆建华 Lù Jiànhuá

Photographie du 绞股蓝 jiǎo gǔ lán

Le jiaogulan

jiǎo gǔ lán

Le jiaogulan, ou Gynostemma pentaphyllum, est une herbe grimpante originaire de Chine, mais qui pousse également dans d’autres pays asiatiques, tels que la Thaïlande et le Japon. Les habitants des régions montagneuses du sud de la Chine utilisent le jiaogulan depuis plus de quelques centaines d’années comme :

  • herbe tonique pour stimuler l’énergie et l’endurance, et pour réduire le stress et la fatigue,
  • médecine traditionnelle pour traiter le rhume, la bronchite et les maladies infectieuses

Le jiaogulan est également connu sous le nom de « l’herbe de l’immortalité ». C’est une herbe bien peu connue qui a attiré une immense attention lorsqu’un recensement national en Chine lors des années 70 a révélé d’incroyables résultats. Ce dernier a indiqué que la plupart des habitants des villages des provinces du Guizhou, du Guangxi et du Sichuan vivaient jusq’’à 100 ans et l’incidence en cancers ainsi qu’en d’autres maladies y était très faible. Une étude subséquente menée par une équipe de chercheurs a révélé que la raison de la longévité et la santé inhabituelles des habitants locaux de ces régions découle du fait que ces derniers consomment régulièrement du thé fait de feuilles de jiaogulan.

Un trésor de saponines

Le jiaogulan contient d’énormes quantités de composés bioactifs appelés saponines, qui sont assez similaires aux substances chimiques que l’on retrouve dans le ginseng. Le ginseng est une autre herbe très bien connue qui favorise la longévité et la bonne santé. Toutefois, il y a une différence. Alors que le jiaogulan contient plus de 170 saponines différentes, le ginseng n’en contient que 28.

Les saponines sont connues pour leur incroyable activité antioxydante et ont des effets bénéfiques sur la tension artérielle, le taux de cholestérol, le système nerveux, l’immunité et le cancer. Ces substances phytochimiques sont la raison pour laquelle le jiaogulan offre d’aussi incroyables bienfaits pour la santé.

Une herbe adaptogène

Les herbes adaptogènes appartiennent à une classe exclusive de plantes. Fait remarquable, seule une plante sur 4 000 est classée comme étant adaptogène. Pour être qualifiées comme telles, les plantes doivent correspondre à trois critères spécifiques :

  • aider le corps à s’adapter à toutes sortes de stress; environnemental, physique, émotionnel ou chimique;
  • établir l’équilibre et réguler les fonctions internes dans le corps;
  • être sans danger et ne causer aucun dommage au corps.

Le jiaogulan est l’une des herbes adaptogènes les plus puissantes. Il prépare le corps de manière à ce qu’il puisse composer avec tous les types de stresses et il favorise le bien-être émotionnel et physique de manière générale.

La beauté du jiaogulan est qu’il rééquilibre les fonctions internes qui sont débalancées et il agit dans toutes les directions, c’est-à-dire qu’il peut aussi bien réduire qu’augmenter une fonction donnée, selon ce qu’est le problème. En gros, il agit selon ce que le corps a besoin. Par exemple, si vous avez un surpoids, le jiaogulan améliorera votre métabolisme. Mais dans le cas d’une insuffisance pondérale, il vous aidera à absorber plus efficacement les nutriments, en plus de vous aider à former de la masse musculaire. Cela n’est toutefois qu’un des exemples des nombreuses manières dont cette incroyable herbe agit dans plusieurs directions. Cet effet s’étend jusqu’à la régulation du taux de glycémie, de la tension artérielle et du stress.

Le jiaogulan agit par deux principaux mécanismes adaptogènes. Premièrement, il améliore la productivité cardiaque, une action qui améliore la quantité d’oxygène et de nutriments qui se rendent jusqu’aux tissus et aux organes.

Deuxièmement, le jiaogulan soutient et régule le système neuroendocrinien, qui comprend l’hypothalamus et l’hypophyse. Le système neuroendocrinien – impliqué dans la production d’hormones et la régulation du système nerveux central – aide à maintenir :

  • la croissance, le développement et la santé des fonctions des tissus sains,
  • un milieu interne optimal, essentiel à l’intégration de diverses réponses biologiques physiques, mentales et émotionnelles,
  • les processus tels que la reproduction, le métabolisme du glucose, l’utilisation de l’énergie, le rythme cardiaque, la tension artérielle, la synthèse des protéines.

En bref, le jiaogulan maintient un état d’équilibre général dans le corps. Cet équilibre est la clé de la vitalité et de la longévité, ainsi que de la capacité du corps à s’auto-réparer et à s’auto-guérir.

Un incroyable antioxydant

Nous avons besoin des antioxydants pour protéger nos cellules, notre ADN et nos tissus des dommages oxydatifs des radicaux libres. Ce stress oxydatif cause de l’inflammation chronique – ce qui provoque le déclin et le vieillissement prématuré de nos organes. Les chercheurs ont pendant longtemps pensé que l’inflammation chronique est responsable des problèmes de santé tels que l’athérosclérose (accumulation de plaque dans les artères) ainsi que presque toutes les maladies liées au vieillissement, telles que les maladies cardiaques, le diabète, l’arthrite, les cataractes, le Parkinson, l’Alzheimer et les maladies auto-immunes.

La bonne nouvelle est que notre corps produit de très puissants antioxydants. Et la manière dont le jiaogulan y contribue, c’est en stimulant la capacité intrinsèque au corps à produire ces antioxydants endogènes, une propriété que les scientifiques associent aux bienfaits extraordinaires du jiaogulan pour la longévité ainsi que d’autres propriétés thérapeutiques.

  • Aide le corps à produire des antioxydants tels que la superoxyde dismutase (SOD), le glutathion et la catalase.
  • Agit de concert avec d’autres antioxydants de source alimentaire – ce qui prépare le corps à limiter les dommages oxydatifs causés par les radicaux libres.

Il renforce le système nerveux

Le jiaogulan est un adaptogène, et ce qu’il fait de mieux, c’est qu’il crée équilibre et harmonie dans le corps ainsi que dans l’esprit. Cette propriété rend cette herbe particulièrement bénéfique pour le système nerveux. Surtout, le jiaogulan facilite la gestion de toutes sortes de stresseurs et n’agit pas que dans une seule direction. Par exemple, le jiaogulan revitalise le corps et l’esprit lorsque vous êtes épuisé. Et pourtant, il a un effet calmant sur vos nerfs si vous êtes stressé ou nerveux.

  • Aide dans les cas d’insomnie et favorise le sommeil
  • Soulage le stress et l’anxiété
  • Renforce les glandes surrénales
  • Calme la nervosité
  • Régule les hormones du stress

Il protège le cœur

L’un des bienfaits les plus notables du jiaogulan en termes de santé cardiaque, c’est qu’il stimule l’endothélium (paroi interne des vaisseaux sanguins) afin qu’il libère de l’oxyde nitrique (ON).

L’ON est un vasodilatateur qui aide à détendre les vaisseaux sanguins. Un faible taux d’ON accroit la tension artérielle, initie la formation de plaque et engendre la constriction artérielle. Ces facteurs endommagent les artères et les rendent plus épaisses et moins souples. En somme, le jiaogulan neutralise plusieurs facteurs de risque liés aux crises cardiaques et aux AVC.

  • Améliore la santé vasculaire globale
  • Diminue le taux de cholestérol LDL ainsi que de triglycérides
  • Régule la tension artérielle (en dilatant les vaisseaux sanguins)
  • Prévient la formation de caillots

Il stimule l’énergie et l’endurance

Le jiaogulan est fréquemment utilisé par les athlètes pour stimuler leur énergie, leur endurance ainsi que leur performance. Il combine de nombreuses propriétés qui permettent d’aider à accroitre l’endurance, tout en protégeant contre les dommages qui surviennent lors de l’exercice ou d’activités exigeantes physiquement. Par exemple, le jiaogulan améliore les fonctions de pompage du cœur pour fournir davantage d’oxygène et de nutriments aux muscles. Cette herbe aide également le corps à produire des antioxydants internes et à réguler la production d’ON, un puissant vasodilatateur. Tous ces facteurs aident à :

  • améliorer la productivité cardiaque;
  • améliorer le taux d’énergie;
  • diminuer la fatigue;
  • améliorer le temps de récupération suite à l’épuisement;
  • permettre de développer la capacité d’endurance.

Sachet de 绞股蓝 jiǎo gǔ lán

Le grand Invisible imprègne tous les mouvements. Dans le mouvement se trouve la grande tranquillité inébranlable. La tranquillité invisible engendre l’excitation d’un mouvement raffiné et original. Le mouvement doit être contrôlé par la contemplation. L’esprit -神 shén – et l’intention – 意 yì – s’unissent pour donner naissance à la contemplation qui est le trésor spirituel de l’homme en matière de réflexion et qu’il faut rechercher. La contemplation précède le mouvement.
– 吴鉴泉 Wú Jiànquán in Taijiquan Shi

Abrégé d’histoire du qi gong

Les techniques destinées à cultiver l’esprit et à préserver la santé pour prolonger la vie sont apparues à une époque très reculée de l’histoire chinoise.

Technique de longévité ou technique thérapeutique, le dǎoyǐn a été rattaché à plusieurs personnages légendaires qui, tous, furent classés sous les Han comme immortels – 仙 xiān -. Dans le Zhuangzi, le daoyin est associé à Pengzu, qui aurait été un fonctionnaire éminent au temps des Yin. Descendant de l’empereur Zhuanxu, il aurait vécut plus de huit cents ans. Il mangeait régulièrement de la cannelle et de l’agaric. Il excellait dans le dǎoyǐn et l’art de conduire le souffle.

À partir des Han, le dǎoyǐn  est fréquemment lié à deux maîtres associés et appartenant à la tradition des immortels : Chisongzi et Wang Ziqiao (ou Wang Qiao) qui constituèrent sous les Han, les Jin et les Six Dynasties, les modèles de la plupart des adeptes des techniques d’entretien du principe vital et du dǎoyǐn .

Les Han Occidentaux

190-168
Postures de 導引 dǎoyǐn représentées sur un rouleau dessiné sur une étoffe de soie en couleurs trouvé dans le tombeau n°3 des Han de Mawangdui.
110-207
Le célèbre médecin 華佗 Huá Tuó soutenait que pour vivre longtemps en bonne santé, le corps devait être en permanence en mouvement. Il fallait se tordre le cou comme les hiboux. Il fallait s’étirer comme les animaux savent bien le faire spontanément. Il proposait de prendre modèle sur le tigre, le cerf, l’ours, le singe et l’oiseau. Il appellait cet exercice le Jeu des cinq animaux – 五禽之戲 wǔ qín zhī xì.

La période des Trois Royaumes

 Le monde vulgaire s’éveille difficilement; Il ne s’arrête jamais dans sa poursuite des choses matérielles.
Mais l’homme parfait regarde au loin; Il retourne à la nature.
Xi Kang in La Civilisation de la Chine classique

223-262
Le poète, musicien et penseur chinois de l’époque  嵇康 Jī Kāng, l’un des Sept Sages de la forêt de bambous, a écrit le Traité pour nourrir la vie – 養生論  yǎngshēng lùn -. Le concept du yǎngshēng  englobe la notion d’hygiène, de gymnastique, de massage, de techniques respiratoires, de diététique, de règles de vie. Cette notion est la base du qi gong moderne.
Les lettrés de l’école taoïste – 道家 dào jiā – de cette période, en continuité avec la pensée de  老子  Lǎozǐ et de 莊子Zhuāng Zǐ, ont écrit des essais sur l’art de nourrir la vie ou la préservation de sa santé.

Les dynasties du nord et du sud

420-589
Avec l’introduction du bouddhisme en Chine et son développement entre le 5e et 10e siècle, les pratiques corporelles – exercices physiques et pugilistiques – se développent dans les monastères.
Le Classique de la transformation des muscles et des tendons – 易筋經 yì jīn jīng – fut introduit d’après la légende par Bodhidharma dans le temple Shaolin sur le mont Tsongchan. Ces exercices étaient pratiqués par les moines pour éliminer la fatigue et garder une bonne condition physique après les prières et le travail.

La dynastie des Tang

618-907
La conception taoïste du corps et sa vision du monde ont influencé considérablement les pratiques corporelles chinoises. Les techniques respiratoires et les exercices taoïstes avaient pour but d’assurer la libre circulation du souffle, des fluides et du sang dans les vaisseaux.
Les compétences internes – 內功 nèigōng – font référence à un ensemble de disciplines de respiration , de méditation et de pratique spirituelle chinoises associées au taoïsme et aux arts martiaux chinois .  Le nèigōng a pris un essor à cette période. Pour la première fois apparaît l’expression de procédés du souffle – 氣功 qìgōng -.
581-682
Le célèbre médecin et pharmacien 孙思邈 Sūn Sīmiǎo donne les premières indications pour les massages de santé dans son ouvrage Prescriptions essentielles valant mille pièces d’or – 備急千金要方 Bèi jí qiānjīn yào fāng -. Cet ouvrage est encore aujourd’hui un livre indispensable dans la médecine traditionnelle chinoise.

La dynastie des Song

960-1279
Cette période est prolifique en documents sur les arts corporels chinois.
 871-989
陳摶 Chén Tuán était un sage taoïste crédité de la création du poing des Six harmonies et des huit méthodes -六合八法拳 liùhé bā fǎ quán -. Parallèlement à cet art interne, il aurait également été associé à la  méthode dǎoyǐn des 24 saisons -二十四氣導引法  èrshísì qì dǎo yǐn fǎ– utilisant des exercices assis et debout conçus pour prévenir les maladies. pendant les changements saisonniers tout au long de l’année.
1103-1141
Le général 岳飛 Yuè Fēi, au cours de cette période troublée, créa les huit pièces de brocart – 八段錦 bā duàn jǐn – pour améliorer la santé de ses soldats. Il fut le premier à introduire systématiquement les techniques martiales – 武術 wǔ shù – dans la formation des troupes.

La dynastie des Ming

1579
La moelle du phénix rouge – 赤鳳髓 chì fèng suǐ – un ouvrage de 周履靖 Zhōu Lǚjìng, présente un tableau de dǎoyǐn des anciens immortels, des personnages légendaires qui fournissent au peuple des symboles et des modèles pour mieux vivre. Dans cet ouvrage, figurent aussi les premiers dessins des jeux des animaux dans le livre des animaux – 五禽書 wǔ qín shū.
1504-1564
羅洪先 Luó Hóngxiān, lettré taoïste, publia deux ouvrages de référence, les formules pour se maintenir en bonne santé – 衛生真訣 Wèishēng zhēn jué – et le livre des immortels –  萬壽仙書 wàn shòu xiān shū-. Ces ouvrages comportent les exercices respiratoires taoïstes des anciens immortels ainsi que des prescriptions médicales.

La dynastie des Qing

1644-1911
A cette époque, le savoir et l’enseignement commencent à se populariser vers les laïcs. Mais la transmission se fait toujours par un maître dans le cadre de disciples, de petit groupe ou dans la famille (le clan) suivant l’école et le courant d’origine. Le contact avec l’occident a amené les Chinois à valoriser leurs savoirs ancestraux.
1718-1793
Les pratiques psychosomatiques des taoïstes ont été pour la première fois signalées en France par le père  jésuite Jean-Joseph Amiot qui arriva à Pékin en 1751, où il mourut en 1793. Il interpréta les attitudes du “kong fou” dans le tome 4 de son livre mémoires sur les Chinois. Ces mémoires inspirèrent  P.H. Ling (1776–1839) le fondateur de la gymnastique suédoise.
1800-1900
Plusieurs auteurs firent des compilations, des révisions et des rajouts des traités anciens. Presque tous les documents illustrés de dessins explicatifs des techniques datent de cette époque.
1832
Dans une édition en 4 volumes  曹無極 Cáo Wújí  fit t une compilation des techniques de longévité anciennes incluant le wàn shòu xiān shū
1881
王祖源 Wáng Zǔyuán séjourna pendant 3 mois en 1854 au temple Shaolin. Il préfaça le traité illustré  explications du travail interne – 內功圖說 nèigōng túshuō -, qui sera une source d’inspiration importante pour le qi gong moderne. Un des chapitres important est la “méthode des douze trésors – 十二段錦 shí’èr duàn jǐn -.
1895
John Dudgeon, médecin écossais, écrivit le  Kung-Fu, or Tauist Medical Gymnastics, il s’est aperçu que les pratiques chinoises avaient une valeur hygiénique.
1910
La Chin Woo Athletic Association – 精武體育會 jīngwǔ tǐyùhuì – une célèbre école d’arts martiaux chinois est fondée à Shanghai avec le soutien du héros national 霍元甲 Huò Yuánjiǎ (1868-1910). Elle permet de préserver les arts martiaux traditionnels tout en leur donnant un cadre d’expression modernisé, axé sur l’exercice physique et le loisir, destiné aux classes moyennes y compris les femmes. 精武 jīngwǔ, signifie élite martiale.

Les grands courants historiques ancestraux : le confucianisme, le taoïsme, le bouddhisme, les arts martiaux, les médecins et les guérisseurs se sont influencés et mélangés mutuellement au cours des siècles dans les pratiques populaires. La base commune est la notion de préservation de la santé, soit pour vivre en harmonie avec la nature, soit pour le contrôle de soi, pour servir le bien commun, ou pour être fort pour servir la famille ou son clan.

La République de Chine

La notion de sport pour l’éducation et l’hygiène avec l’influence de l’occident commence à rentrer dans les mœurs. Les jeux olympiques modernes engrangent un engouement pour les sport athlétiques, la république de Chine organise des jeux nationaux. Des cours de culture physique à la mode occidentale rentrent dans les écoles. Des associations sportives ouvertes à tous commencent à faire leur apparition. La Chin Woo Athletic Association ouvre des filiales dans toutes la Chine. Les arts martiaux  subissent des transformations insistant sur l’aspect sportif ou l’aspect santé.

Pendant le conflit entre les forces nationalistes et les forces communistes, la guérilla communiste se fia à des thérapeutes locaux traditionnels malgré un discours critique du parti sur ces pratiques superstitieuses.

La république populaire de Chine

La création du qi gong moderne s’est fait avec l’arrivée au pouvoir duparti communiste. Par manque de moyen et pour utiliser le potentiel humain existant, le gouvernement décide d’utiliser les savoirsancestraux dans le cadre de la médecine tout en essayant de la moderniser et de la rénover.

1947
劉貴珍 Liú Guìzhēn (1920-1983), jeune cadre du parti, sera soigné d’un ulcère par son oncle Liu Duzhou qui lui apprend le travail de la force intérieure – 內養功 nèi yǎng gōng -, pratique transmise traditionnellement de maître à disciple.
Le parti le pousse à approfondir cette pratique. Le secrétaire du parti, Cheng Yulin, l ‘assigna à l’enseignement dans le sanatorium des cadres du Hebei méridional et l’entoura d’un groupe de chercheurs.
1949
Le 3 mars, 黃月庭 Huáng Yuètíng, chef des chercheurs au sanatorium, proclame  formellement l’adoption du terme 氣功  qìgōng lors d’une réunion de travail sur la santé.
Le choix de ce terme fut difficile mais il fallait trouver un nom officiel à cette méthode thérapeutique. Les expressions suivantes furent envisagées :
  • méthode thérapeutique pour l’esprit – 精神疗法 jīngshén liáofǎ -,
  • méthode de thérapie psychologique – 心理疗法 xīnlǐ liáofǎ -,
  • méthode thérapeutique par incantations – 祝由疗法 zhù yóu liáofǎ -,
  • méthode thérapeutique de travail sur le souffle – 氣功療法 qìgōng liáofǎ.

C’est l’appellation qìgōng liáofǎ qui fut retenue.

Je considère que le travail interne – 內功 nèi gōng – correspond à la théorie de la transformation du 氣功  qì de la médecine nationale : le qì commande le sang ; lorsque le qì circule, le sang circule naturellement, le qì véritable émerge de la tranquillité et du vide, et la guérison des maladies découle de la protection de l’esprit intérieur. Ces principes expliquent l’effet thérapeutique du travail interne. D’après son sens général, le terme « qi gong » est un choix tout à fait justifiable, et nous pouvons considérer son usage comme préférentiel.
– 黃月庭 Huáng Yuètíng

Le choix de ce  nom sera critiqué par de nombreux spécialistes trouvant 氣 qì inapproprié, ce terme ayant beaucoup de significations. De nombreux courants préférerons garder le terme ancien de méthode pour nourrir la vie – 養生法  yǎngshēng fǎ -.

Si on considère le qi comme signifiant certains phénomènes de l’activité du système nerveux, on peut facilement le comprendre, mais si on insiste en disant que c’est l’effet dans le corps humain du mystérieux qi cosmique, il sera impossible de se libérer d’un revêtement mystique.
– 陳濤 Chén Tāo, fondateur du sanatorium de Shanghaï

1954 -1961
L’originalité de Liú Guìzhēn et de son équipe de chercheurs fut de regrouper de nombreuses pratiques qui se complètent et de créer une théorie qui est la base du qi gong d’aujourd’hui. Il définit le qìgōng  comme intégrant la triple discipline – 三調 sān tiáo – : du corps, de la respiration, de l’esprit .
Au départ, Liú Guìzhēn enseignait quatre méthodes au sanatorium de Beidahe :

  • 內養功 nèi yǎng gōng: méthode de respiration en position allongée ou assise,
  • 强壮功 qiáng zhuàng gōng: méditation en posture debout ou assis ou libre
  • xingbugong : mouvements gymniques ambulatoires à pratiquer en position verticale.
  • 保健功 bǎojiàn gōng : forme d’auto massage en position assise.

D’autres sanatoriums ou des cliniques en Chine vont introduire “la méthode qi gong” dans le cadre de soin avec prescriptions en fonction de la maladie. Le traitement peut comporter des séances d’acupuncture, de massage et de drogues herbales. Plus de 70 unités thérapeutiques de qi gong sont mises sur pied dans toute la Chine.

A Pékin, les méthodes les plus répandues sont le zhanzhuangong(méditation en posture du pieu) et le jeu des cinq animaux de Hua Tuo.

Dans le sanatorium de Shanghai est créé le qi gong de relaxation(fangsonggong) dérivé des techniques de méditation de Jiang Weiqiao (1873-1958) car on s’est aperçu que la tension nerveuse est un obstacle au bien-être .

Le taijiquan de santé a été considéré rapidement comme une forme de qigong.

1957
Liú Guìzhēn publie Application de la thérapie par le qi gong – 氣功療法實踐 – qui sera une référence. Le concept et le modèle de sa méthode seront reproduits dans de nombreux ouvrages jusqu’à aujourd’hui.
Ce fut “le grand bond en avant” pour le qi gong, les échanges entre les experts populaires et les hôpitaux et facultés de médecine sont à leur apogée. Grâce au mot d’ordre : “le médecin doit étudier le savoir du peuple pour servir la nation”.
1962 à 1964
Un revirement commence contre la médecine traditionnelle. La plupart des fondateurs du Qi gong moderne étaient des élites du parti. Mao Zedong commence ses attaques contre l’appareil du parti vers 1960. Toutes les structures institutionnalisées sont fermées et les dirigeants sont critiqués.

La période de 1949 à 1964 a été une période d’échange et de mise en pratique des techniques de longévité et de santé dans un cadre d’état. La plupart des pratiquants faisaient partie de l’élite du parti. Le mode de transmission médecins / patients a pris la place du mode ancien maître / disciple.

1964 – 1978
Pendant la révolution culturelle, toutes les institutions d’état ont été fermées et les praticiens envoyés en camp de rééducation. Les pratiques familiales et populaires ont continué dans la clandestinité.
Mais une pratiquante fait de la résistance dans les parcs publics et sa pratique marquera la résurrection du qi gong : 郭林 Guō Lín, une artiste peintre. Dès 1970, elle pratique et enseigne dans les parcs publics, arrêtée plusieurs fois, elle change de parc . Elle réussit à continuer son enseignement jusqu’à la fin de la révolution culturelle.
1978 à 1989
Guō Lín, forte de son expérience de sept années d’enseignement et de soins et avec l’aide de dirigeants du parti, promulgue sa “nouvelle méthode thérapeutique de qi gong”. Ayant elle-même soigné son cancer grâce à son grand-père, un maître taoïste, puis soigné de nombreux malades dans les parcs, elle envoie un rapport en 1977 sur sa méthode au ministère de la santé.
L’innovation principale de Guō Lín est l’enseignement dans les parcs hors des institutions des années 50. Ceci a permis la diffusion de masse, de nombreux groupes se forment, le qi gong devient populaire. A 70 ans, Guō Lín est à l’origine de la grande vague du qi gong des années 80.
Les grandes lignées de la pratique de masse apparaissent :

  • Le qi gong de la grande oie de Yang Meijun
    Un qi gong taoïste familial traditionnel transmis de génération en génération, en 1978, elle décide de transmettre son héritage à tous.
  • L’envol de la gruede Zhao jingxiang
    Une forme de qi gong des années 80 : les mouvements spontanés (la transe) sur la base de la méditation et de l’imitation de la grue. Cette forme a eut un succès, sûrement un besoin dans une société qui se libère.
  • Le qi gong nourrissant de Ma Litang
    Un gi gong de la lignée des arts martiaux. Une forme issue du wushu (arts martiaux) adaptée à tous et création de forme spécifiques pour les personnes âgées.

Ce vent de liberté et ce défoulement collectif vers le qi gong engendrera des abus. La création de nouveau qi gong amènera de nouveaux concepts comme la transmission de pouvoirs surnaturels par des maîtres charismatiques descendus de montagne lointaine. Cette effervescence vers des pratiques incontrôlées (transes et délires) aboutira à des problèmes de santé pour certains adeptes.

Il y eut pendant cette période une multitude de nouveau qi gong. Toutes ces lignées auront un maître fondateur :

  • Liang Shifeng (mouvements spontanés du jeu des cinq animaux),
  • Pang Heming(qigong de la sagesse),
  • Zhang Hongbao (zhonggong)…
1989-1999
L’état essaye de contrôler la vague du qi gong en publiant la liste des lignées de masse autorisées à enseigner.
1995
La critique est forte envers le monde du qi gong :  culte de la personnalité, retour des superstitions féodales, abus thérapeutiques, escroqueries, pseudo maîtres.
Des groupements comme le 功 fǎlúngōng et le zhonggong prennent une importance considérable dans tous les secteurs de la société.
1999
李洪志 Lǐ Hóngzhi, le fondateur du fǎlúngōng, va trop loin dans les manifestations populaires. Le gouvernement lance une campagne pour la suppression du fǎlúngōng . Dans la foulée, tout le monde du qi gong est touché. La plupart des associations sont démantelées.
L’état réglemente son propre système d’enseignement et d’administration du qi gong hygiéniste.
1999 à 2016
Aujourd’hui, l’état chinois a essayé d’écarter tous les pseudo qi gong des années 80 et les groupes sectaires. Le qi gong est scindé en 2 pôles:
  • le qi gong thérapeutique enseigné et pratiqué dans les lieux de soins: cliniques et hôpitaux, sanatorium,
  • le qi gong hygiéniste de bien-être enseigné dans les parcs ou dans les centres sportifs.

L’état réglemente la pratique et l’enseignement pour le bien-être, il valorise les techniques ancestrales qui ont fait leurs preuves comme : les ba duan jin, le jeu des animaux, le yi jin jing, le taiji santé, les 6 sons.

2016
Depuis quelques années, l’association chinoise du qi gong pour la santé, relevant de l’Administration Nationale Chinoise du Sport, organise des stages dans le monde entier pour promulguer les formes officielles chinoises du qi gong .  Elle incite les participants à la fin des stages de passer des grades – 段 duàn – de qi gong.

En France, les fédérations ont suivi cet exemple, et font passer des grades à leurs adhérents. Dans la continuité de cette logique on voit la création de compétitions en qi gong.

Les techniques pour préserver la santé et prolonger la vie font partie du patrimoine chinois. Ces pratiques demandent un effort personnel, une pratique quotidienne et de la volonté pour obtenir des résultats. En France, l’état considère le qi gong comme une gymnastique énergétique  douce de bien-être, mais on commence à observer dans certains hôpitaux  des praticiens qui inclus le qi gong dans un processus de soins.

Médiagraphie

Tant que nous ne nous engageons pas, le doute règne, la possibilité de se rétracter demeure et l’inefficacité prévaut toujours.
En ce qui concerne tous les actes d’initiatives et de créativité, il est une vérité élémentaire dont l’ignorance a des incidences innombrables et fait avorter des projets splendides.
Dès le moment où l’on s’engage pleinement, la providence² se met également en marche. Pour nous aider, se mettent en œuvre toutes sortes de choses qui sinon n’auraient jamais eu lieu.
Tout un enchaînement d’événements, de situations et de décisions crée en notre faveur toutes sortes d’incidents imprévus, des rencontres et des aides matérielles que nous n’aurions jamais rêvé de rencontrer sur notre chemin…
Tout ce que vous avez toujours voulu faire ou rêvé de faire, entreprenez-le.
L’audace renferme en soi génie, pouvoir et magie.
– William Hutchison Murray in The Scottish Himalayan expedition, 1950!

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.
Arthur Rimbaud

Léopard couché, 1930, linogravure en noir sur papier de Sanyu

Sanyu

常玉

Cháng Yù

Doe, Sanyu, 1946

Médiagraphie

Grande enveloppe

大包

dà bāo

Grande enveloppe est le vingt et unième point du méridien de la rate

Gravure sur bois montrant le méridien de la rate d'un personnage masculin debout portant un pagne avec, indiqués sur la poitrine et la jambe avec des caractères chinois, les noms des points, du Jushikei Hakki de Hua Shou, 1716.

Noms secondaires

大胞 dà bāo
Grande enveloppe

Propriétés

  • Grand 络 luò de la Rate
  • Point 出 chū, de sortie)

Commentaire

大 dà
grand, massif
包 bāo
envelopper, empaqueter, encercler, contenir, embrasser, se charger de, garantir, affréter, louer, sac, paquet, bosse, enflure
胞 bāo
cellule, placenta, utérus, né des mêmes parents, compatriotes, concitoyens
络 luò
filament, réseau, envelopper, enrouler
出 chū
sortir, dépasser, délivrer, forger, produire, paraître, surgir

包 bāo c’est un homme qui se courbe pour embrasser un objet, d’où l’idée d’embrasser, d’envelopper, de contenir, de récipient… .  包 bāo c’est le corps maternel enveloppant le fœtus encore informe.

La traduction de grande enveloppe recouvre des interprétations différentes:

  • l’ensemble des 络 luò qui entourent le corps comme un filet et que ce point régularise,
  • ce point appartenant à la rate , celle ci occupant une position centrale, les quatre autres 脏 zàng constituent alors la grande enveloppe, ils entourent la rate, ils lui transmettent de l’énergie et en reçoivent d’elle.

Localisation

Grande enveloppe, 大包 dà bāo, est le vingt et unième point du méridien de la rate.
Sur le thorax, dans le 6° espace intercostal, verticalement à l’aplomb de la ligne médio-axillaire, horizontalement à 6 cùn de la ligne médiane antérieure.

Indications

  • Régularise l’énergie,
  • vivifie les 络 luò.

Massage

Les principales techniques de massage appliquées pour le point Grande enveloppe sont :

  • Les pressions maintenues
  • Les pressions progressives et les relâcher prompts
  • Les presser/relâcher effectués à l’aide des pouces
  • Les presser/vibrer appliqués du bout des doigts
  • Les percussions appliquées du bout des doigts
  • Les rotations dans ou contre le sens des aiguilles d’une montre
Médiagraphie

Atlas d'acupuncture de Claudia Focks chez Elsevier Masson dans la collection TraductionsAtlas d'acupuncture de Claudia Focks chez Elsevier Masson dans la collection TraductionsAtlas illustré d'acupuncture par Yu-Lin Lian, Chun-Yan Chen, Michael Hammes, Bernard C. Kolster chez Ullmann Publishing dans la collection Reference Et MedecineAtlas illustré d'acupuncture par Yu-Lin Lian, Chun-Yan Chen, Michael Hammes, Bernard C. Kolster chez Ullmann Publishing dans la collection Reference Et MedecineAcupuncture : Les points essentiels de Philippe Sionneau chez Guy TrédanielAtlas du Shiatsu : Les méridiens Broché de Wilfried Rappenecker, Meike Kockrick, Christophe Prudhomme chez MaloineAcupuncture : Les points essentiels de Philippe Sionneau chez Guy TrédanielAcupuncture : Les points essentiels de Philippe Sionneau chez Guy TrédanielAperçus de médecine chinoise traditionnelle de Jean Schatz, Claude Larre, Elisabeth Rochat de La Vallée chez Guy Tredaniel Aperçus de médecine chinoise traditionnelle de Jean Schatz, Claude Larre, Elisabeth Rochat de La Vallée chez Guy Tredaniel Médecine traditionnelle chinoise de Jean-Marc Kespi chez Marabout dans la collection SantéMédecine traditionnelle chinoise de Jean-Marc Kespi chez Marabout dans la collection SantéLa Chronobiologie chinoise de Gabriel Faubert et Pierre Crépon chez Albin Michel dans la collection Espaces libresLa Chronobiologie chinoise de Gabriel Faubert et Pierre Crépon chez Albin Michel dans la collection Espaces libresAtlas du Shiatsu : Les méridiens de Wilfried Rappenecker, Meike Kockrick, Christophe Prudhomme chez MaloineAtlas du Shiatsu : Les méridiens de Wilfried Rappenecker, Meike Kockrick, Christophe Prudhomme chez MaloinePrécis d'acuponcture chinoise de l'académie de médecine traditionnelle chinoise chez Dangles dans la collection : Médicale et paramédicalePrécis d'acuponcture chinoise de l'académie de médecine traditionnelle chinoise chez Dangles dans la collection : Médicale et paramédicaleAtlas photographique d'acupuncture de Antoine Bereder chez Quintessence

Étang du vent

風池

fēng chí

Étang du vent est le vingtième point du méridien de la vésicule biliaire.

Gravure sur bois de Jushikei hakki de Hua Shou, 1716 montrant le méridien de la vésicule biliaire d'un homme debout, de profil, portant un pagne avec le méridiens indiqué sur la jambe et à la poitrine avec des caractères chinois donnant les noms des points

Propriétés

  • Point de croisement avec le 陽維脈 yáng wéi mài, le vaisseau qui gouverne l’externe et unit les méridiens yang, il gère le feu de l’énergie de défense. il est donc en relation avec la fièvre et la chaleur des espaces tissulaires et humoraux.

Commentaire

风 fēng
vent, rumeur, usage
池 chí
bassin, étang, réservoir
表 biǎo
montre-bracelet, montre de poche, instrument, compteur, jauge, tableau, montrer, exprimer, manifester, extérieur

Une des indications majeures du point est d’éliminer le vent interne et externe, de ce fait il entre dans le traitement de nombreuses pathologies.

Localisation

Étang du vent, 风池 fēng chí, est le vingtième point du méridien de la vésicule biliaire.

Sur la nuque, au niveau du Palais du vent, 风府 fēng fǔ, au-dessous de l’os occipital, dans un creux entre l’insertion du trapèze et celle du sterno-cléido-mastoïdien.

Indications

  • Chasse le vent,
  • libère 表 biǎo, la superficie,
  • clarifie la tête et les yeux,
  • renforce le cerveau,
  • calme le 神 shén.

Massage

  • Dans le cas des migraines, il est possible d’appliquer sur ce point des pressions maintenues, auxquelles il est possible d’ajouter des rotations dans ou contre le sens de rotation des aiguilles d’une montre en fonction de l’aspect chronique ou aiguë de la migraine. Une autre possibilité consiste à presser les 2 points 20VB, puis de pousser vers les côtés.
  • Après avoir exercé les pressions sur ces points, on peut également pousser une ligne avec nos pouces en passant par le point Puits de l’épaule, 肩井 jiān jǐng, ou en direction du point Courbe du mur, 曲垣 qū yuán, dans le but de soigner les raideurs de la nuque, les « coups du lapin »… Pour ce type de trouble (torticolis, nuque raide, douleur musculaire…) ce point est plus efficace s’il est lui-même douloureux.

Auto-massage 

  • On peut pratiquer cet auto-massage dans le but d’expulser le vent, de retrouver le sommeil, de calmer des maux de tête ou des vertiges ou bien tout autre symptôme détaillé plus haut.
  • Il peut aussi être appliqué pour aider à traiter les rhumes causés par l’énergie perverse vent-froid, vent-chaleur ou vent-humidité.

On peut pratiquer cet auto-massage en position assise, sans se raidir, en essayant d’être détendu. Le bout des pouces sont sur les deux points fēng chí situés sur les deux côtés, au-dessous de l’os occipital. Les autres doigts sont sur l’os occipital.  On presse avec les deux pouces en même temps jusqu’à ce qu’une petite douleur locale se fasse sentir. Puis, les points sont massés en pression maintenue avec une rotation dans le sens contraire des aiguilles d’une montre pendant une minute.

Médiagraphie

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