L’art de nourrir la vie

養生術

yǎngshēng shù

養生術 ce sont les méthodes, les techniques (术 shù) pour nourrir, entretenir, élever (养 yǎng) la vie (生 shēng). Shēng peut être utilisé soit comme un verbe, soit comme un nom. En tant que verbe il signifie : stimuler, encourager, développer, faire croître la vitalité. En tant que nom il désigne la vitalité, la vie, mais aussi une période où une qualité énergétique spécifique domine.

Pendant la période du printemps et de l’été, nourrir le yáng.
Pendant la période de l’automne et de l’hiver, nourrir le yīn.
– chapitre 4 du Huángdì nèijīng sù wèn

Chaque phase du cycle annuel se manifeste de deux façons/

  • directement par la nature du climat du moment
  • indirectement par sa résonance avec les différentes structures.

Par exemple, la période du printemps, de qualité bois, se manifeste directement sous la forme du vent et indirectement dans le corps par sa résonance avec le foie et la vésicule biliaire. Le printemps est donc la période shéng du foie et de la vésicule biliaire. 

Ce principe essentiel du yǎngshēng n’est pas limité aux saisons. Il applique aussi aux mois, aux jours, aux 时辰 shí chen, à chacune des 12 périodes de deux heures de la journée.

Il faut observer le froid et la chaleur du jour,
le rond et le creux de la Lune,
pour connaître les mouvements du souffle
et les utiliser pour régulariser le corps
– chapitre 26 du Huángdì nèijīng sù wèn

Chaque organe a une saison sensible, qui est sa période shēng, et que l’on utilise comme période favorable pour stimuler sa vitalité. Ainsi, on réalise 生生不息 shēng shēng bù xī décrit dans le 易經 Yì Jīng. Shēng shēng bù xī combine les deux sens de shēng . Le premier est le verbe et le deuxième est le nom. Cette phrase peut se traduire par « Nourrir la vitalité en accompagnant le processus de transformation des 五行 wǔ xíng dans leur sens d’engendrement. »

Représentation du cycle d'engendrement dans les cinq mouvements

Le grand art de vie

Yàngshêng chez tes anciens taoïstes s’appelait 鸿術 hóng shù, le grand art de vie.

鸿 hóng
oie sauvage, grand, vaste
術 shù
méthode, technique, art

Grandeur et abondance

La richesse du hóngshù a été développée dans le yǎngshēng shù par les taoïstes qui ont donné une place centrale et majeure à l’art de préserver et de restaurer la santé. Cette place singulière se manifeste par la richesse de tous les concepts et techniques s’y rattachant:

心齋 xīn zhāi
le jeune du cœur
坐忘 zuò wàng
s’asseoir dans l’oubli
內視 nèi shì
le regard intérieur
靜觀 jìng guān
regarder calmement
導引 dǎo yǐn
guider et étirer
按蹻 àn qiāo
les massages
吐納 tǔ nà
la respiration
胎息 tāi xī
la respiration fœtale
踵息 zhǒng xī
la respiration enracinée dans le talon
長息 zhǎng xī
la  respiration longue
食氣 shí qì
absorber le souffle
服氣 fú qì
assimiler le  souffle
采氣 cǎi qì
cueillir le   souffle
行氣 xíng qì
faire circuler le  souffle
通經  tōng jīng
dégager les méridiens
扣齒 kòu chǐ
claquer des dents
咽津 yàn jīn
avaler la salive
辟穀 bì gǔ
jeûner
吐音 tǔ yīn
prononcer le son
祝由 zhù yóu
prier, souhaits ritualisés
房中 fáng zhōng
art de la sexualité

Oiseau mythique

Dans l’océan Septentrional se trouve un poisson nommé 鹍 Kūn dont la grandeur est de je ne sais combien de milliers de stades. Ce poisson se métamorphose en un oiseau nommé 鹏 Péng ; le dos de Péng s’étend sur je ne sais combien de milliers de stades. Lorsque l’oiseau s’élève et vole, ses ailes sont comme les nuages du ciel. C’est lors de la grande marée que l’oiseau se prépare à partir pour l’océan Méridional le Lac céleste.

Aile de l'oiseau Peng, illustration du Kyoka Hyaku Monogatari

Aile de l’oiseau Peng, illustration du Kyoka Hyaku Monogatari

Ainsi le hôngshù illustre et caractérise l’art de la santé par l’image du grand oiseau mythique avec l’idée de prise de hauteur face à la vie, du regard dirigé vers l’infini, du détachement et de la liberté comme attitude clé pour préserver son potentiel vital.

Médiagraphie