Esquisses

 Extrait

Nous sommes libres, non lorsque nous n’en faisons qu’à notre tête, mais lorsque nous donnons forme à une nécessité qui s’exprime en nous

La personne se constitue par l’intégration de l’expérience. Une personne accomplie est celle qui est parvenue à mettre en accord ce qui était en elle et ce qu’elle a rencontré dans son histoire particulière et celle de son temps. Ayant fait de sa vie une œuvre finie, elle trouve naturel qu’elle ait une fin.
La peur de la mort est au fond la peur de disparaître avant d’avoir connu l’accomplissement qui est notre désir essentiel. Quand cet accomplissement est atteint, la peur disparaît. ‘Il y a un moment, disait une vieille dame citée par je ne sais plus quel auteur, où la mort devient un besoin.’ Elle devient une amie.

Présentation

On fait une esquisse pour saisir rapidement une idée. Ne sont retenus que les traits essentiels, qui permettront de la retrouver aisément, de la reconsidérer ou de la suggérer à d’autres. En cinquante esquisses, l’auteur éclaire le moment historique actuel, la crise dans laquelle nous sommes et le moyen pour tenter d’en sortir : la critique ne suffit plus, il faut des idées neuves, en particulier une façon juste de se représenter l’être humain et ses besoins. Avec l’aisance du pédagogue averti, Billeter retrace la genèse de la crise, l’héritage ambigu des Lumières et tente de faire saisir à son lecteur ce dont le sujet humain est capable en vertu des lois de son activité. C’est de l’homme en tant que sujet qu’il s’agit. Ces esquisses forment un essai philosophique autant que politique. Elles s’inscrivent dans le prolongement des travaux précédents de l’auteur, mais constituent une proposition nouvelle, présentée avec la sobriété et la clarté dont Billeter est coutumier. Elles remettent en cause les grandes questions philosophiques, moins pour les saper que pour leur redonner leur pleine valeur.

Jean François Billeter

Portrait de Jean-François Billeter

Après avoir été professeur d’études chinoises à Genève, Jean François Billeter a quitté l’université pour se consacrer à ses propres travaux. Dans ses Etudes sur Tchouang-Tseu, philosophe du 3e siècle avant notre ère, et sur l’art chinois de l’écriture, autrement dit la calligraphie, il allie la plus grande rigueur sinologique au souci constant de se faire comprendre des lecteurs non sinologues, à la fois par la clarté de l’expression et par la richesse des références à des éléments de l’héritage occidental, ou simplement à l’expérience commune. Il esquisse une vision critique de l’histoire passée et présente dans Chine trois fois muette et dénonce un faux rapport à la Chine dans Contre Francois Jullien.

Médiagraphie