Champ de cinabre

丹田

dān tián

Le champ de cinabre ou champ de l’élixir  est un centre énergétique. La tradition identifie trois centres d’énergie vitale majeurs (三丹田, sān dān tián) qui produisent et coordonnent l’ensemble des fonctions vitales du corps et de l’esprit.

Illustration tirée du “Guide des méthodes éprouvées au cœur de la médecine externe”, publié en 1887, localisant le xià dān tián, 下丹田, fèi shù, 肺俞, wei lü, 尾閭 et jia ji, 夾脊.

Gravure sur bois chinoise, illustration tirée du “Guide des méthodes éprouvées au cœur de la médecine externe”, publié en 1887. Elle montre l’emplacement du 下丹田, xià dān tián et celui des points d’acupuncture et de moxibustion 肺俞, fèi shù, 尾閭, wei lü, et 夾脊, jia ji.

下丹田, xià dān tián

Le dantian inférieur est le plus souvent localisé entre 4 VC (關元, 关元, guān yuán), à 3 cun sous le nombril, et 6 VC (海, 气海, qì hăi) ), à 1,5 cun sous le nombril. Il se situe également entre le nombril et le 4 VG (命門, 命门, mìng mén). Encore appelé « océan de l’énergie », il est considéré comme le centre de la vie instinctive et intuitive, dont dépendent toutes nos fonctions physiologiques mais aussi psychologiques. Physiologiquement, il correspond au centre de gravité du corps humain.

中丹田, zhōng dān tián

Le dantian médian   : localisé au niveau du cœur, entre les deux seins, sur le sternum au niveau du 17 VC ( 膻中, shān zhōng ).

上丹田, shàng dān tián

Le dantian supérieur est situé entre les 2 yeux au niveau du front, le “troisième œil”, au niveau du Sceau du palais (印堂, yìn táng)

Gravure sur bois qui illustre la pratique appelée Lavez le cœur et retirez-vous dans un endroit caché (洗心退藏 xǐ xīn tuì cáng)

Gravure sur bois qui illustre la pratique appelée Lavez le cœur et retirez-vous dans un endroit caché (洗心退藏 xǐ xīn tuì cáng) du texte Conseils sur la nature spirituelle et la vie corporelle (性命圭旨 Xìngmìng guīzhǐ i ) de 太乙真人 Tàiyǐ Zhēnrén, un texte taoïste sur l’alchimie interne publié en 1615. Xǐxīn tuìcáng appartient à la terminologie de l’alchimie interne. Les alchimistes débutants, inexpérimentés dans la régulation du feu spirituel, peuvent être victime de détresse, d’agitation, de feu et d’inflammation. Cela peut être corrigé en pratiquant Xǐxīn tuìcáng.

Le dāntián est une notion que l’on appréhende d’abord d’une manière théorique, abstraite puis au fur et à mesure que l’on pratique, que notre perception s’affine on peut l’expérimenter et le percevoir d’une manière concrète.

Gravure sur bois chinoise, illustration de la pratique interne "Mettre l'élixir miraculeux dans un ding" dans le texte Conseils sur la nature spirituelle et la vie corporelle ( 性命圭旨 Xìngmìng guī zhǐ), 1615.

Gravure sur bois chinoise, illustration de la pratique interne “Mettre l’élixir miraculeux dans un ding” dans le texte Conseils sur la nature spirituelle et la vie corporelle ( 性命圭旨 Xìngmìng guī zhǐ), 1615.

Les dāntián s’occupent de transmutation, de la transformation raffinée des trois trésors (參寶, 三宝, sān bǎo)

  • Le dāntián inférieur est un lieu de transformation de l’essence, la racine de notre vitalité (精 jīng) en souffle (气 qì). Il est comparé à un chaudron (鼎 dǐng) dans lequel est purifié et distillé l’élixir de longue vie.
  • Le dāntián médian recueille le qi et représente le réservoir de l’organisme pour les vibrations mentales et émotionnelles de l’énergie. Un processus de raffinage a également lieu dans  le dāntián médian, qui transforme le qì en esprit (神 shén)
  • Le dāntián supérieur est considéré comme le lieu de transformation du shén en conscience pure, il recueille le qì du ciel et représente l’aspect spirituel de l’homme et son lien avec le divin.

Il s’agit donc d’un chaudron à trois étages,  directement lié à la verticalité de l’homme, à son lien entre ciel et terre.


Cinabre et sérénade , 1997  Encre Cinabre sur toile de soie  de Fabienne Verdier

Cinabre et sérénade , 1997 Encre Cinabre sur toile de soie de Fabienne Verdier

丹dān

Cinabre vient du grec kinnabari, du latin cinnabaris et du perse zanjifrah. La couleur du cinabre est un rouge intense, même réduit en poudre, il a donc été utilisé, comme vermillon, probablement  très tôt en Grèce, en Égypte, en Inde et en Chine, puis à l’époque romaine, comme en attestent les fresques de Pompéi.

En Chine, les ascètes étaient amateurs de substances censées donner la longévité et ce fut la raison pour laquelle ils utilisèrent successivement le jade, l’or et le cinabre. Il est certain que le cinabre était l’une des plus importantes substances considérée comme donneuse de vie. On peut en conclure que deux substances principales étaient vues comme des facteurs de longévité par les anciens chinois et étaient consommées comme des remèdes ; l’or pour préserver le corps et le cinabre pour prolonger la vie. Les taoïstes utilisaient le cinabre comme une drogue afin d’accéder à un état bienheureux. Il était reconnu comme la substance naturelle la plus performante pour obtenir l’immortalité ou, du moins, prolonger la vie et la jeunesse.

Le dan est donc une forme de l’énergie, plus intense, raffinée, concentrée.

田 tián

Le champ est le lieu où l’on cultive la terre (畋 tián). La rizière est le champ (田, tián) où l’on cultive le riz (稻, dào).

Le bas ventre, l’hypogastre, le champ de cinabre est le lieu (田, tián) où l’on cultive le  rouge, le vermillon, le remède (丹, dān).